Ornithologie Châtelaude

Blanches ou noires: les cigognes.

Si la cigogne blanche est bien connue de tous, et pas seulement en Alsace, sa cousine la cigogne noire passe pour une parfaite inconnue aux yeux du plus grand nombre. Mais puisque toutes les deux ont été observées tout près du bourg de Château Chervix cet automne 2004, je vous propose de nous attarder quelque peu sur ces deux espèces "jumelles".

La cigogne blanche: (Ciconia ciconia)

Si, pour ma part, je n'ai pas vu cet oiseau sur notre commune en 2004, une observation m'a été rapportée par Monsieur Catalifaud (merci à lui). Ainsi, 6 cigognes blanches se sont posées sur Chervix pour y effectuer une pause migratoire.

La cigogne blanche est facilement reconnaissable à sa grande taille (100 à 115 cm de hauteur et 175 à 195 cm d'envergure), son bec et ses pattes rouges, son plumage en majorité blanc avec la partie postérieure de ses ailes noires. On ne peut donc guère la confondre ni avec une grue cendrée ou un héron. En vol, à la différence des mêmes hérons, elle a le cou tendu et le contraste noir et blanc de ses ailes est très visible. Elle fréquente les milieux ouverts: marais, prairies... où elle se nourrit de batraciens, de petits rongeurs, d'insectes. Son nid, fait de branchages, se remarque de loin puisqu'elle l'établit généralement sur une haute plate-forme, souvent à découvert. De plus, elle apprécie la présence de ses congénères et les successions de nids forment parfois des colonies assez remarquables. En France, si elle est devenue le symbole de l'Alsace, c'est sur le littoral atlantique, notamment en Charente maritime et en Vendée, que vous pourrez l'observer le plus facilement car, après avoir failli disparaître, l'espèce a re-colonisé le pays en remontant d'Espagne. Et, si elles ne nichent toujours pas en Limousin (mais restons optimistes), les cigognes blanches originaires d'Allemagne, de Belgique et des autres p ays du Nord-ouest européen sont amenées à survoler notre belle région pour rejoindre l'Espagne et Gibraltar où elles traversent la Méditerranée à destination de l'Afrique tropicale. Ainsi, il n'est pas rare d'observer en août et en septembre des bandes de cigognes blanches, volant avec de lents battements ou cerclant sur les courants thermiques ascendants avant de se laisser glisser vers le sud. Attention, elles ne forment pas de V comme les grues. Les mêmes observations sont possibles à leur retour dès le mois d'avril.

La cigogne noire (ciconia nigra)

En ce 5 septembre 2004, alors que notre remarquable comice agricole bat son plein, l'œil exercé de Monsieur Nicaud remarque 12 grands oiseaux cerclant au-dessus de la tour. Il les identifie et annonce ainsi le survol de notre commune par des cigognes noires, pour la deuxième année consécutive (2 oiseaux vus au "Bos" le 21 septembre 2003).

Légèrement plus petite (95 à 100 cm de hauteur et 165 à 180 cm d'envergure) que sa cousine blanche, la cigogne noire en est quasiment le "négatif. Son plumage à dominante noire e st r ehaussé par le ventre blanc qui forme un triangle quand on la voit en vol, ses pattes et son bec sont rouges.


La cigogne noire est la cigogne des milieux fermés: elle niche dans de vastes zones boisées avec une remarquable discrétion qui la rend difficilement détectable. Plus farouche et moins sociable que sa cousine, elle ne niche pas en colonie. Elle choisit au contraire d'établir son nid, haut dans un arbre imposant, au cœur d'une forêt de dimension respectable. Si l'espèce reste nicheuse rare en France et en Europe, elle semble quelque peu re-coloniser le pays et est revenue en forêt d'Orléans. En Limousin, des observations déjeunes oiseaux de l'année à des périodes propices ont fait planer quelques soupçons mais rien n'a été confirmé. Côté nourriture, elle affectionne les mêmes proies que la cigogne blanche. Enfin, elle aussi est migratrice mais voyage en groupe plus restreints ce qui rend l'observation du 5 septembre 2004 remarquable quant à son effectif. Elle suit les mêmes voies migratoires que la cigogne blanche et passe elle aussi la mauvaise saison de l'autre coté du Sahara.

Blanches ou noires, les cigognes véhiculent de nombreuses croyances et légendes, allant de l'annonce des hivers rigoureux (prose régulière de nos journaux régionaux) à la livraison de nouveau-nés. Elles restent surtout des oiseaux majestueux, protégés et un régal pour les yeux.

Alors levez la tête, elles ne vont plus tarder!

Et encore...en 2004

•    Une rareté venue des confins de l'est de l'Europe observée non loin d'ici: un vanneau sociable le 20 janvier à Glandon.

•    Des canards siffleurs et morillons se promènent sur les étang de Forgeneuve, Marsaguet et Cherchaud durant l'hiver.

•    Toujours des vanneaux mais huppés ceux-là, stationnent non loin de la route de Pierre Buffière.

•     Quelques dates d'arrivée:

Le 11 mars 2004: première hirondelle rustique à la Groslière Le 20 mars 2004:première fauvette à tête noire au Grenouiller Le 1er avril 2004: première huppe à la Nonardie, précédée de peu par le coucou

•    Au grenouiller, un nid de gobe-mouche gris donne naissance à 2 jeunes

•    Un très beau passage de pigeons ramiers (les palombes!) avec près de 62 000 oiseaux le 23 octobre 2004.

Dernière minute...

•     Un merle bagué vient d'être trouvé à la Groslière. La bague a parlé: l'oiseau, un mâle alors âgé de 2 ans avait été capturé le 14 mars 2000 sur la commune du Vigen.

•    Beau passage de grues le 2 mars 2005 enfin de soirée. A peu près 5000 individus.

Contacts : Pour toute info, n'hésitez pas !

 

R. COUTANT,    Le Grenouiller,  CHATEAU-CHERVIX 05 55 48 96 56    

grandregis@club-internet.fr

 

SEPOL,   11 rue Jauvion 87000 LIMOGES 05 55 32 20 23     http://www.sepol.asso.fr

 

Calendrier des activités disponibles à la mairie

Grues cendrées :

Samedi 22 octobre à 20 heures : salle polyvalente (gratuit) : diaporama sur la migration des grues cendrées.

Dimanche 23 octobre de 8 h à 12 heures : observation des oiseaux migrateurs au Puy La Brune

Pour tous renseignements contacter Régis Coûtant au 05 55 48 96 56